A Table Avec …Jean-Luc Mootoosamy, journaliste,   directeur du cabinet suisse Média Expertise
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A Table Avec …Jean-Luc Mootoosamy, journaliste, directeur du cabinet suisse Média Expertise 

Ondes radiophoniques privées : qu’avons-nous fait de ces 20 ans ? De la presse écrite à la première radio privée, Jean-Luc Mootoosamy a toujours porté un regard critique sur ce qui compose son métier de journaliste. Après avoir été le premier rédacteur en chef de Radio One, il a travaillé régulièrement dans la région et surtout dans les zones de crises et de conflits armés en Afrique à travers « Media Expertise. » Parallèlement, il a été accrédité pour suivre les voyages du pape François en Afrique. Fort des leçons journalistiques et humaines apprises, il tentera de décortiquer les rôles des radios privées dans le paysage médiatique mauricien.

Qui est Jean-Luc Mootoosamy ?
Homme de presse et homme de radio, Jean-Luc Mootoosamy est surtout journaliste. Si les réseaux sociaux sont venus bouleverser son rapport avec les mots et les images, il aime le recul et la réflexion que lui permettent la presse écrite.

Né à la rue Farquhar à Port-Louis avec un jumeau, ce fan des aventures de Tintin, étudie au collège Royal de Port-Louis. Pour celui qui découvre la radio à l’âge de 13 ans aux côtés de Marie-Michèle Etienne, c’est une évidence. Il en fera son métier. « La base du métier est la même au Soudan ou à l’île Maurice. Ce qui prime, c’est la rigueur et la nécessité de dissocier les faits des commentaires. »

Aujourd’hui c’est en Suisse, sa terre d’adoption, ou en Afrique où il est souvent en mission, qu’il suit l’actualité mauricienne avec la même acuité commentant régulièrement l’actualité dans les colonnes des journaux.

C’est le 12 mars 2002 à midi, les auditeurs entendent la voix claire et posée de Jean-Luc Mootoosamy présentant le premier journal de la première radio privée du pays. Quelques années plus tard, c’est à l’antenne de Radio Okapi au Congo et à Radio Miraya, au sud Soudan qu’il devient chef de projets. Sous l’égide de la Fondation Hirondelle, cette radio indépendante de service public des Nations unies lui apprend toujours son métier au service de l’information dans un continent noyé par les rumeurs et les « fake news. »

Son contact avec l’Afrique est frontal, brutal ; mais le journaliste qui aime le terrain et les zones de conflit, aime sa mission. « Travailler dans les zones de conflits livre de sacrées leçons de vie. J’ai appris à vivre chaque jour comme un don du ciel. »

En novembre 2017, il lance « Media Expertise » qui regroupe de nombreux professionnels des médias (éditorial, gestion, administration, finances,) pour des missions de terrain en Afrique. Il y exerce en tant que directeur et concepteur de programmes de dialogue et de réconciliation en zone de crise.

Pour lui, la radio « incarne la relation entre une voix et une paire d’oreilles. Il n’y a aucune triche. Ça passe ou ça casse. En Afrique, dans le contexte où nous opérons, quand le taux d’alphabétisation est faible, la radio reste le média le plus accessible. Il demeure le premier lien social. »

Lors de son intervention à l’hôtel Labourdonnais, Jean-Luc Mootoosamy tentera de décortiquer l’aventure radiophonique privée mauricienne. Une aventure formidable qui semble moins enthousiasmante aujourd’hui. « Il y a une perception que la radio et le journalisme sont faciles à faire. On croit qu’il suffit de donner son avis pour se conforter dans une position de journaliste. Ce métier a un rôle plus qu’essentiel. Il permet de replacer les choses dans leur contexte, de vérifier, de contrer la rumeur, de ne pas se laisser manipuler, de poser des questions qui dérangent. Plus que jamais, il y a un besoin de journalistes capables, appliqués et rigoureux. »

A l’antenne ou sur les réseaux sociaux, il n’a qu’une obsession : tirer les auditeurs/internautes vers le haut et leur transmettre son ressenti sans jamais occulter les faits. En juillet 2022, il fait partie des 76 journalistes appelés par le Vatican pour suivre le pèlerinage pénitentiel du pape François à Edmonton, au Canada. Le Pape demandait pardon aux peuples autochtones pour l’implication de certains catholiques dans le système des écoles pour autochtones. Jean-Luc Mootoosamy entame alors sa troisième mission de journaliste au service de l’église catholique. Une mission « intense » qui le conforte dans son rôle de journaliste au service de la dignité humaine.

Il a aussi exercé comme consultant pour l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), l’Agence Française de Développement, la Fondation Konrad Adenauer et le Centre Européen d’Assistance Electorale.

A Table Avec … le concept
À Table Avec… est le rendez-vous incontournable du vendredi au Labourdonnais Waterfront Hotel. Son objectif est d’explorer et de valoriser le riche patrimoine culturel et historique de Port Louis ou de l’île Maurice. L’idée de marier l’histoire de la capitale avec la gastronomie chère à Nizam Peeroo a été concluante car l’hôtel Labourdonnais, joyau du front de mer de la capitale est le lieu idéal pour raconter et débattre de diverses thématiques tout en faisant plaisir aux papilles. De l’interculturel aux incursions dans Chinatown ou au Champ de Mars, A Table Avec … ouvre le champ des possibles grâce à des thématiques diverses et variées qui nourrissent autant les rencontres que les réflexions.

Les prestations au Labourdonnais Waterfront Hotel
Après la conférence, les convives sont invités à passer à table à la Brasserie Chic pour déguster le menu concocté par Nizam Peeroo et sa brigade. La soirée A Table Avec … est proposée à Rs 1,200. Ce tarif inclut un cocktail en amont de la conférence, la conférence et le dîner (excluant les boissons). Celles et ceux désirant prolonger la soirée, peuvent passer la nuit au Labourdonnais Waterfront Hotel au tarif de Rs 6,600 pour deux personnes, petit déjeuner inclus.

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