Angélique Narain, 40 ans au service de l’aviation
FEMMES DANS LE TOURISME

Angélique Narain, 40 ans au service de l’aviation 

On ne peut pas parler de métier quand il s’agit d’Angélique Narain. Mais bien de sacerdoce. Angélique Narain fête cette année ses 40 ans au service de l’aviation à l’île Maurice. Une carrière exceptionnelle pour cette Mauricienne joviale de 59 ans, mère de deux enfants et grand-mère de deux petits enfants.

Ancienne « Head Girl » et « Sports Captain » du Couvent de Lorette de Quatre-Bornes et ancienne athlète de la sélection de Maurice, Angélique a toujours eu le goût de l’effort et de l’abnégation. C’est en 1981 qu’elle a commencé sa carrière chez Air Mauritius dans les opérations au sol. « Air Mauritius a été une très bonne école d’apprentissage de la base des opérations au sol, de l’aviation »dit-elle.

Après 15 ans chez Air Mauritius, elle rejoint la compagnie Air France, représentée à Maurice par la maison Rogers. Elle y restera pendant 10 ans avant de poursuivre sa carrière dans une compagnie d’assistance pendant presque une année.

Depuis 2007, elle est la « Chef d’Escale » de la compagnie aérienne « Corsair »,qui est représentée à Maurice par Summertimes. « J’ai suivi plusieurs formations chez Air France et Corsair qui sont aussi de très belles compagnies, très structurées, où règne le professionnalisme. Nous avions aussi des séminaires afin de rencontrer nos collègues venant de différents pays. » explique-t-elle.

En rejoignant Corsair en 2007, ses responsabilités augmentent. Mais c’est loin de la rebuter. « Pour moi, cest un métier, non seulement très intéressant, mais très passionnant. Notre métier cest surtout d’assurer la sécurité et la sûreté de nos aéronefs, nos membres d’équipage et nos passagers. Nous avons aussi comme mission de respecter la ponctualité de nos vols afin que nos clients gardent confiance en la compagnie ».

Prendre des décisions dans un laps de temps court
Elle reconnaît, cependant, que le métier est éminemment challenging. « Pendant ces 40 ans, j’ai rencontré énormément de personnes, de nouveaux collègues et de clients. C’est un métier pas toujours facile car nous pouvons être confrontés à des retards d’avions, des cyclones, la neige en Europe, avec des nuits blanches à l’aéroport ou de très longues heures de travail. Dans ce métier nous sommes appelés à prendre les bonnes décisions dans un laps de temps souvent très court. Nous n’avons pas droit à l’erreur, même si l’erreur est humaine. C’est, en plus, un métier où, à l’Île Maurice, nous n’avons pas beaucoup de femmes. En tant que femmes, nous avons notre boulot, notre famille, notre maison à nous occuper. Les choses sont souvent très dures mais je fais ce boulot en connaissance de cause avec le soutien indéfectible de mon mari et de ma famille ».

La famille est le socle sur lequel Angélique repose le succès de sa longue carrière.

« Avec les horaires décalés, il faut pouvoir jongler avec le temps, avec la pendule. Personnellement, avec l’aide de mon mari, je me suis fait un devoir d’accompagner mes enfants dans des activités extrascolaires, telles le Conservatoire, la danse, l’équitation ou le judo. Je me retrouvais souvent en train de me reposer pendant une heure dans ma voiture, dans un parking » raconte-t-elle.

Quels sont les traits de caractère requis pour ce métier ? « Il nous faut avoir une force de caractère, de la gentillesse, le sens de l’accueil, comprendre les besoins de nos passagers qui sont tous différents. Il nous faut être disponible à tout moment car avec le décalage horaire, nous sommes appelés à communiquer avec notre maison mère en permanence. Même si l’avion est en vol en pleine nuit, en cas de problème, exemple de passagers malades à bord, de panne technique, les opérations de la compagnie nous contactent pour nous transmettre les informations et décider de la marche à suivre pour le vol. Notre téléphone et notre laptop sont toujours à portée de main. »

Un travail d’équipe
Le travail au sol est tellement exigeant qu’il est important de garder des relations saines avec tous les acteurs, soutient Angélique. « Nous devons garder des relations très cordiales et professionnelles avec toutes les parties prenantes de l’aéroport car c’est une chaîne de travail immense. Nous faisons aussi face à des passagers souvent récalcitrants, en colère. C’est à nous de les apaiser et de leur faire entendre raison. Nous devons être à l’écoute et proactifs dans ce métier. Quand nous avons un décès à bord, c’est extrêmement dur d’aller annoncer à la famille et aux proches, le décès. Mais cela fait partie du métier et il faut le faire avec compassion et tact. »

Présidente de l’Association des Compagnies Aériennes, le Board of Airlines Representatives (BAR), Angélique Narain a été appelée, avec la pandémie, à être présente sur différents comités avec des ministères différents, pour mettre en place le protocole sanitaire.

« Je voudrais souhaiter une très belle reprise à tous mes collègues de l’aéroport. Stay safe, mais restons unis afin de faire redécoller le Tourisme à l’île Maurice. »

« Nous avons eu plusieurs séances de travail avec tous les Stakeholders du tourisme afin d’arriver à une ouverture réelle le 1er octobre 2021. C’était un très gros défi et aujourd’hui quand je regarde le taux de remplissage des avions qui arrivent sur Maurice, c’est une immense satisfaction, un bonheur que je partage avec tous nos amis du Tourisme. »

Quand elle regarde en arrière et qu’elle contemple son œuvre, Angélique Narain ne peut s’empêcher d’avoir une grande satisfaction. « J’ai eu une très belle carrière dans l’aérien. L’aéronautique c’est vraiment ma passion. Et j’ai la chance de la partager avec mon mari qui a aussi travaillé dans l’aérien pendant 41 ans.

Le fait de rencontrer beaucoup de personnes, cette chaleur humaine, m’apporte une joie immense. Un bonheur dont j’ai été privée pendant 19 mois suite à cette pandémie mondiale. C’est la raison pour laquelle, jai rejoint le Lions club de QuatreBornes afin de retrouver cette chaleur humaine en étant un LION au service des autres. »

Pour terminer, elle dira : « Je voudrais souhaiter une très belle reprise à tous mes collègues de l’aéroport. Stay safe, mais restons unis afin de faire redécoller le Tourisme à l’île Maurice. »

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