Talents Mauriciens / No.18. Vanessa Flieg, DG « Maison Boulud », Ritz-Carlton, Montréal
Talents Mauriciens

Talents Mauriciens / No.18. Vanessa Flieg, DG « Maison Boulud », Ritz-Carlton, Montréal 

Talents mauriciens ! Une série originale d’« Île Maurice Tourisme », consacrée aux Mauriciens qui se sont expatriés avec succès dans le domaine du tourisme à travers le monde. Entre fierté et sacrifices, espoirs et réussites, une plongée inspirante dans la vie de ceux et celles qui font briller l’île Maurice à l’étranger. Aujourd’hui nous accueillons une jeune mauricienne de talent qui est la Directrice Générale du très réputé Restaurant Maison Boulud du Ritz-Carlton à Montréal : Vanessa Flieg. Son parcours professionnel, fait d’audace, de détermination, de sacrifices et d’objectifs à atteindre, fait d’elle un exemple à suivre.

Pourquoi avoir choisi le tourisme ?
Lorsque j’étais adolescente, mon père m’emmenait lors de ces événements dans les plus grands hôtels de Maurice. J’avais des étoiles dans les yeux à chacune des visites. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que je voulais faire rêver les gens comme cela plus tard.

En quoi consiste votre métier ?
Je gère le restaurant du Ritz-Carlton Montréal qui est signature Daniel Boulud, chef français renommé aux États-Unis. Mon métier consiste à rendre mes clients heureux, leur faire vivre une expérience exceptionnelle à la hauteur de leurs attentes. Et pour cela, je dis toujours qu’il faut que mon équipe soit heureuse et épanouie. Je planifie, organise, contrôle l’exploitation du restaurant en m’assurant de sa rentabilité.

Quelle formation avez-vous suivie ?
J’ai suivi mes études en France. J’avais l’opportunité de suivre mes études dans un établissement privé de grande renommée dans lequel j’ai été accepté. Mais, j’ai eu une discussion avec une de mes enseignantes en mise à niveau. Elle m’a fait comprendre que quel que serait l’école que je choisirai, privée ou public, j’allais réussir car j’avais cette passion du métier. J’ai donc choisi de poursuivre mon cursus à l’université.

J’ai fait un BTS en Hôtellerie-Restauration à Strasbourg, puis ma Licence et mon Master en Management de l’hôtellerie à Chambéry. J’ai également pu faire un semestre ERASMUS en Irlande. J’ai eu la chance de croiser de très grands professionnels lors de ma formation universitaire.

Quel a été votre parcours professionnel ?
Ma toute première expérience en restauration, a été durant mon adolescence dans le restaurant de mon oncle à Maurice.J’ai eu la chance également d’effectuer mon premier stage d’étude au Paradis, je n’en garde que de magnifiques souvenirs. C’est pendant ce stage que j’ai compris qu’il fallait que j’aille toujours chercher plus loin et je ne pouvais me reposer sur mes lauriers. Je reste convaincu qu’il aura apporté beaucoup à ma carrière !

Durant toutes mes études, j’ai fait le choix de travailler durant toutes les vacances pour me construire une expérience professionnelle en béton. J’ai beaucoup travaillé en réception dans des établissements saisonniers 4 ou 5 étoiles, à Annecy, Val d’Isère, La Clusaz.

J’ai par la suite choisi de faire mon stage de fin d’étude en Polynésie Française en tant qu’Assistante Directrice de la restauration à l’Intercontinental de Moorea. Il était important pour moi d’avoir toutes les cordes à mon arc en hôtellerie et restauration.

“Je trouve qu’en voyageant, en découvrant des nouvelles cultures, on grandit et on apprend énormément.”

À la fin de mon stage, m’a été proposée une très belle opportunité : faire partie de l’équipe d’ouverture d’un hôtel ultraluxe écologique sur une île privée : The Brando. J’ai littéralement grandi en même temps que l’hôtel. J’ai commencé en tant que Maître d’hôtel Junior. À mon départ, j’étais au poste de Directrice de la Restauration. J’ai eu l’occasion de partir en stage au Grand Véfour à Paris en sommellerie.

A mon arrivée à Montréal, j’ai pris le poste de directrice de la restauration au Novotel Montréal Centre. Malgré que j’ai eu à m’éloigner du monde du luxe que j’affectionne, ce poste m’a permis de découvrir, comprendre, m’adapter à la culture québécoise, à la façon de travailler et aux lois. J’ai pu aussi approfondir le côté gestion des banquets. J’ai pu dans cet établissement relever de nombreux défis et j’en ressors grandi.

Aujourd’hui, je suis retournée à mon premier amour, le luxe. Je fais partie de l’équipe du Ritz-Carlton Montréal en tant que Directrice Générale de Maison Boulud, le restaurant.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre métier ?
La plus grande difficulté que j’ai rencontrée mondialement, a été le manque de personnel. Quel que soit le pays dans lequel j’ai travaillé, à part l’Île Maurice, il a toujours été difficile de trouver du personnel. Mais une fois que j’arrive à recruter les bonnes personnes, cela fait partie de ma responsabilité de m’assurer qu’ils soient épanouis et restent.

L’autre difficulté est pour moi de trouver le bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Quand on fait de notre passion, notre métier on en arrive parfois à oublier de prendre du temps pour sa vie personnelle. J’essaie donc de me fixer des limites !

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait embrasser une carrière votre spécialité. ?
Selon moi, le plus important est d’être passionné. L’hôtellerie-restauration est un métier de passion. Si on aime ce que l’on fait on oublie plus facilement les côtés plus difficiles.

Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ?
Mon père m’a donné la passion de l’hôtellerie de luxe mais aussi des voyages. Nous avons toujours beaucoup voyagé et déménagé. Cela fait partie intégrante de mon ADN. Je trouve qu’en voyageant, en découvrant des nouvelles cultures, on grandit et on apprend énormément.

Est-il facile de vivre et de travailler à l’étranger ? Comment s’est passée votre adaptation à un nouvel environnement culturel et au style comportemental de pays d’accueil ?
J’ai la chance d’avoir une très grande capacité d’adaptation. À chaque nouveau pays ou nouvel établissement, j’ai toujours une phase de prise de contact. J’observe beaucoup, je m’imprègne de la culture, des façons de faire, du comportement, j’apprends !

J’essaie toujours de trouver le côté positif des façons de faire, de l’environnement. Après, j’y apporte ma touche personnelle, mon expérience.

Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l’étranger ?
Vivre son métier à l’étranger est parfois synonyme d’être absent pour les siens, que ce soit dans les bons ou mauvais moments. Ce n’est pas toujours facile à vivre et cela forge un caractère.

Pourquoi est-ce que le savoir-faire mauricien s’exporte aussi bien ?
Au-delà d’un savoir-faire, je trouve que les Mauriciens ont une hospitalité innée ! Je me rappelle un de mes premiers entretiens d’embauche : le directeur m’a dit que ce qui avait différencié mon CV était que j’étais mauricienne. Les Mauriciens ont une très bonne réputation mondiale dans le domaine de l’hôtellerie.

Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Si l’occasion se présente, pourquoi pas.

Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
Ma plus grande satisfaction professionnelle, restera l’ouverture de l’hôtel The Brando. Cela a été une aventure exceptionnelle. J’ai eu beaucoup de chance de commencer ma carrière dans un établissement comme celui-ci, entouré de personnes qui m’ont fait confiance, qui auront marqué ma carrière.

Quel regard portez-vous sur l’industrie touristique mauricienne ?
Cela fait trop longtemps que je ne suis pas rentrée au pays, pour juger objectivement la prestation hôtelière mauricienne. La situation mondiale actuelle doit grandement affecter l’industrie touristique mauricienne. Mais je pense qu’elle saura rebondir et en sortir plus forte.

Si vous deviez choisir un slogan pour l’île Maurice ?
L’île Maurice, la merveilleuse. Pourquoi ? Car l’Île Maurice, c’est à la fois la mer, la montagne, le soleil, les épices, les multiples cultures, les saveurs !

Une bonne idée que l’on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenu lors de votre expatriation ?
Toujours chercher à aller au-delà des attentes des clients !

Quel conseil donnerez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ?
La formation théorique est importante : la gestion financière, le droit, le marketing. Mais le plus important, on l’apprend sur le terrain, de nos erreurs et de nos mentors !

Quel est votre but professionnel ultime ?
Mon but ultime a toujours été de devenir Directrice d’un établissement de luxe. Mais avec le temps j’envisage aussi d’ouvrir mon propre établissement avec mon conjoint qui est chef.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’île Maurice ?
La gentillesse innée des Mauriciens et cette envie constante de toujours faire plaisir ! Ma famille et la nourriture !! Parfois, je donnerai n’importe quoi pour un bon rôti chaud.

Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez resté à Maurice ?
Je ne pense pas. Il fallait que je parte de Maurice pour grandir, professionnellement et personnellement!

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