Talents Mauriciens / No.16. Jean-Noël Sangaraille, Resort Manager, Vakkaru Maldives
Talents Mauriciens

Talents Mauriciens / No.16. Jean-Noël Sangaraille, Resort Manager, Vakkaru Maldives 

Talents mauriciens ! Une série originale d’« Île Maurice Tourisme », consacrée aux Mauriciens qui se sont expatriés avec succès dans le domaine du tourisme à travers le monde. Entre fierté et sacrifices, espoirs et réussites, une plongée inspirante dans la vie de ceux et celles qui font briller l’île Maurice à l’étranger. Aujourd’hui nous accueillons Jean-Noël Sangaraille, un des meilleurs hôteliers mauriciens, dont le parcours est inspirant à plus d’un titre. Porté par son amour pour la qualité,l’excellence et le service, Jean-Noël, formateur et leader est aujourd’hui le Resident Manager d’un petit bijou aux Maldives, le Vakkaru Maldives.

Pourquoi avoir choisi le tourisme ?
Dès mon plus  jeune âge, j’ai été toujours fasciné par ce beau métier. Pendant que je prenais le bus de l’école, je voyais quotidiennement, en face de moi, des jeunes, tout souriants, qui eux prenais en même temps que moi, leur bus pour aller travailler à l’hôtel. Ça m’a toujours marqué et quand j’ai mis mes pieds dans un hôtel pour la première fois, j’ai été émerveillé par le souci que nos hôtes avaient de bien nous accueillir et nous mettre à l’aise. Je découvrais l’art de servir et l’hospitalité.

En quoi consiste votre métier ?
Après tant d’années au service de la clientèle, je dois avouer, que ce métier est devenu une mode vie pour moi. Dans un Resort, la visibilité et la disponibilité d’un manager est indispensable, aussi bien pour les clients et pour l’ensemble de l’équipe. Je dédie énormément de mon temps à cet aspect de l’hôtellerie.

Comme toute personne à la tête d’un établissement, j’ai pour objectif de superviser et coordonner toute l’activité du Resort, ce qui implique à la fois des tâches de gestion, des services opérationnels et d’entretien, de vente et de marketing, en passant par la sécurité et au confort de chaque personne sur l’île, et avant tout, veiller à la rentabilité du Resort. L’essentiel, c’est d’avoir une bonne stratégie de gouvernance soutenue par une équipe, dédiée et éfficace.

Quelle formation avez-vous suivie ?
Après mon HSC, mon premier emploi était dans un club de loisir au Qatar. Beaucoup vont ce que je faisais là bas à cette époque ? C’était une opportunité et ce fut un bon apprentissage . J’ai eu la possibilité de m’initier à quelque chose pour lequel été toujours passionné. Au bout de quelques années, je suis rentré et j’ai eu le grand bonheur de rejoindre la grande famille du Saint Géran, « La Grande Dame », comme on l’appelait à l’époque.  Je dois avouer que mon passage dans cet établissement, fut la plus grande école de formation de ma carrière. Je côtoyais chaque jour des talents et des compétences extraordinaires.

Bien sûr, au fils des années, j’ai eu le privilège d’approfondir mes connaissances en passant par des formations professionnelles, notamment à École Hôtelière de Lausanne, Cornell et d’autres, mais je m’en souviendrai toujours de ces grands moments passés au Saint Géran, pour une bonne et simple raison : c’est que toute formation et notre démarche étaient focalisées sur le bien-être du client. On vivait que pour faire les clients « mari content ».

Quel a été votre parcours professionnel ?
Le parcours a été très enrichissant, remplis de beaux souvenirs, un parcours qui me ressemble car je suis à la fois explorateur et aventureux.. En 2004, après 15 ans de fidélité, j’ai quitté le Saint Géran avec beaucoup d’émotion pour rejoindre One&Only Ocean Club, dans les Bahamas.

La formation et le Quality Assurance, étaient ma priorité pour ce bel établissement. Il a fallu, tout de suite, se réorienter pour faire face à une clientèle essentiellement américaine. L’intégration n’était pas aussi évidente, mais la détermination et la confiance en moi que j’ai toujours eu, m’a permis de me faire remarquer dans bref délai.

Ayant Atlantis comme maison mère, je découvrais pour la première fois cet univers de jeux et de loisirs, l’hôtellerie dans toutes ses facettes, la restauration à une grande échelle, sans compter l’opportunité d’être au service de plusieurs personnages célèbres. J’ai passé 5 ans sur Paradise Island, durant des années prometteuses, entrecoupés par d’autres échanges avec des collègues de One&Only Pamilla, a Los Cabos.

Ensuite, on a malheureusement eu la crise financière, et en tant qu’expatrié, la société m’a envoyé sur le Maroc pour faire l’ouverture du Mazagan Beach Resort. J’ai passé 18 mois sur ce site de construction, ma responsabilité était d’aider à recruter et former 1 200 employées pour cet établissement. On la fait à travers une caravane de recrutement et je garde un très bon souvenir de mon passage dans ce beau pays.

Au début de 2010, je me suis dirigé vers une autre destination incontournable, Dubaï, pour faire partie de l’équipe d’ouverture pour le One&Only The Palm en tant que Executive Assistant Manager. Fasciné par l’architecture moderne et les décors intérieurs, Dubaï a été toujours un rêve, ce qui m’a aussi permis d’évoluer au sein cette hôtellerie de luxe. Un bien bel établissement situé sur le ‘West Crescent’, unique à bien des égards. C’est un de mes meilleurs achivements.

3 ans plus tard, changement de cap, direction vers les Maldives pour rejoindre One&Only Reethi Rah, le Market Leader dans cette destination en tant que Residence Manager. Ce qui me faisait énormément plaisir, c’est ce moment où je revoyais bon nombre de clients que j’ai servi dans mes précédentes destinations, soit à Maurice, Bahamas ou Dubaï. Ce sont des moments forts et remplis d’émotions, dans l’exercice de nos fonctions et ce qui caractérise l’importance de créer des liens extraordinaires avec les clients.

Après tant d’années de loyauté chez Kerzner International, après beaucoup de réflexion, j’ai décidé de prolonger l’aventure avec un nouveau Resort, « Amilla Fushi », qui était à ses  débuts. J’occupais le poste de Resort Manager, et graduellement, on a fait notre chemin pour pour nous faire, grâce à une stratégie bien réfléchie, une place parmi les grands opérateurs. Le savoir-faire de l’équipe et le relationnel avec des business partners, ont primé. Très rapidement, on était « the talk » de la salle d’arrivée à l’aéroport, par le nombre de célébrités qui séjournaient chez nous. Ce fut un moment Magique !

Encore jeune de cœur et en esprit, le goût d’aventure était aussi fort j’ai saisi l’opportunité quand on m’a proposé le  Vakkaru Maldives au début de 2020. Mais avec tous les défis qui ont balayé le monde cette année, je n’aurai jamais pensé qu’on allait se retrouver dans une telle situation. Il a fallu se réinventer et s’adapter à de nouvelles normes pour répondre à l’attente du client.

De nos jours, quand on accueille un client, le regard que l’on pose sur  une arrivée, doit être doublement plus fort. L’émotion doit être littéralement à son paroxysme, car les familles, les amis ou les clients qui nous visitent, doivent absolument partager ensemble des moments les plus précieux. Mon engagement avec l’équipe Vakkaru Maldives vise un objectif clair :  bien-être de tout un chacun et encore plus loin. Aujourd’hui, c’est sur cette belle île au milieu du Baa Atoll, que j’exerce le plus beau métier du monde.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre métier ?
Ne dit-on pas qu’un homme averti en vaut deux ?

Les difficultés en fait sont des opportunités pour mieux faire. Il faut d’abord savoir les anticiper et analyser chaque cas objectivement. Je pense, en effet, que si chaque personne responsable à la conscience des difficultés liées à sa fonction, mieux il sera à même de les gérer !

Construire une ambiance de travail harmonieuse et efficace, est un réel défi. Ma plus grande satisfaction c’est d’avoir su motiver une équipe par une communication constante et motivationnelle.

De plus, le fait de travailler avec de vrais professionnels, ayant déjà eu plusieurs expériences est un vrai plus car ils nous apportent leur vision, et nous guident à faire face à toute éventualité. Le temps peut nous faire défaut car notre service est à la fois tangible et intangible ! Il faut toujours être consistant pour garder son image et sa réputation, le facteur ultime qui est recherché par les clients et les business partners !

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait embrasser une carrière comme votre spécialité?

Je suis très content de voir que le Travel and Tourism est devenu un sujet principal pour la HSC, et que d’autres écoles hôtelières internationales se sont implantées à Maurice.
Ce qui implique, qu’il y a beaucoup plus de jeunes  qui sont intéressés par ce métier.

Chaque individu a un choix à faire quant à sa vie professionnelle. L’hôtellerie c’est l’art de servir et d’être au service des gens, pendant 24 heures chaque jour de l’année. La disponibilité, le sacrifice d’être loin de sa famille, l’endurance, une bonne santé, la détermination, la persévérance, croire en sa capacité, avoir l’esprit gagnant, être curieux et aventureux, sont quelques-uns de ma recette qui m’a permis de forger ma carrière ! Si on peut s’en inspirer, je serais le plus heureux des hommes.

Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ?
Je dirais que les portes se sont ouvertes sur ma route et que je n’ai pas hésité à les emprunter. Je pense sincèrement, qu’il faut toujours faire une bonne impression à chaque rencontre ; être une référence et avoir l’audace à repérer et saisir les opportunités. L’hôtellerie et le voyage font bon ménage.

Est-il facile de vivre et de travailler à l’étranger ? Comment s’est passée votre adaptation à un nouvel environnement culturel et au style comportemental de pays d’accueil ?
Travailler à l’étranger peut être un atout majeur pour promouvoir son plan de carrière, à condition de bien s’y préparer. Il faut bien choisir le pays de destination en fonction de ses besoins ainsi que des opportunités présentes. Le monde hôtelier est un « people business » ! Aspect humain est primordial, peu importe de la destination ou on évolue. Le respect des cultures est obligatoire et l’effort pour s’adapter à une communauté ou un nouvel environnement de travail, doit être ressenti par tout un chacun. L’étiquette au travail et l’application des normes sont indispensables. Chaque destination m’a apporté beaucoup de valeurs et un partage de connaissances. Aujourd’hui je poursuis pleinement cette passionnante aventure entouré de plus que 24 nationalités et cultures diverses dans l’équipe.

Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l’étranger ?
Le choix de travailler à l’étranger, constitue une étape décisive aussi bien sur le plan personnel que dans le domaine professionnel. Forcément il y a des sacrifices à faire, et rien n’est plus frustrant que d’être loin de sa famille et ses proches. Il suffit de se dire qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie et que, bien souvent, il a un choix à faire. En fin de compte, c’est une expérience dont on  sort transformé et grandi.

Pourquoi est-ce que le savoir-faire mauricien s’exporte aussi bien ?
Le savoir-faire mauricien, d’ailleurs dans plusieurs secteurs, y compris l’hôtellerie s’est distingué il y a pas mal d’années. L’accès vers des pays ou destinations en pleine ébullition, a été pour beaucoup de Mauriciens une voie pour exprimer nos talents et nos connaissances.

La cause de cette réussite est sans nul doute notre histoire, notre culture, notre manière de vivre, notre sens de l’accueil, notre bonne conduite, notre éducation et formation parmi tant d’autres qualités. Le Mauricien est fier de son travail et il est reconnu de par le monde pour ses qualités professionnelles.

Reviendrez-vous partager votre expérience au pays ?
Avec plaisir et j’aimerais bien consacrer pal mal de mon temps à la formation des jeunes.

Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?
La satisfaction est parallèlement partagée entre les clients et l’ensemble du personnel.

Rendre les gens heureux a toujours été ma passion. Inspirer les jeunes à progresser dans leur vie professionnelle est ma source de motivation.

Quel regard portez-vous sur l’industrie touristique mauricienne ?
La destination reste un énorme potentiel dans le monde du voyage. La qualité de nos prestations sont remarquables et apprécies par le monde des voyageurs. La réouverture de nos frontières était très attendue et est la bienvenue. Notre modèle doit servir un marché plus étendu. Le « Wellness ou le Lifestyle » occupe, de plus en plus, une place importante dans le choix d’une destination parmi les clients. Il y a certainement d’autres marchés à conquérir et fidéliser. Si les brésiliens ou les Américains font des longues heures de voyages pour arriver à une destination de rêve comme les Maldives, j’en suis convaincu que c’est une affirmation pour aller conquérir ses grands explorateurs du monde. Un défi qu’il faut savoir relever avec détermination.

Déjà on commence à ressentir la montée de la compétition, avec l’ouverture d’autres destinations. Je suis persuadé que les autorités et les opérateurs professionnels seront mettre en place une bonne stratégie pour la réouverture de nos hôtels. Le but est de rester une destination de rêve dans un environnement luxueux et exclusif.

Si vous deviez choisir un slogan pour l’île Maurice ?
Tout simplement : Allez Maurice ! Go Mauritius ! Les clients ont le sourire aux lèvres quand ils entendent qu’on vient de l’Île Maurice !

Une bonne idée que l’on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenu lors de votre expatriation ?

Ne vous reposez jamais sur votre succès. L’hôtellerie est une constante remise en question. Continuez à se réinventer car les attentes, les besoins et les désirs des clients n’arrêtent pas d’aller plus hauts. Le séjour est principalement relié à une expérience unique.

Quel conseil donnerez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ?
Ce que je peux conseiller, comme dans chaque métier, c’est qu’Il faudra travailler dur pour  arriver au sommet de sa carrière. Il va falloir être patient et appliqué, car vous allez emprunter un long parcours de plusieurs disciplines et d’étapes pour atteindre votre objectif final.

Quel est votre but professionnel ultime ?
Rester jeune et en bonne santé, apprendre en permanence et partager mes connaissances.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’île Maurice ?
Ça fera bientôt deux ans que je n’ai pas été à Maurice, vu que le voyage est affecté par le confinement sanitaire, mais c’est sûr que la famille me manque énormément.


Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez resté à Maurice ?
Je connais beaucoup d’anciens collègues qui sont restés à Maurice et ont très bien réussi sur le plan professionnel. Mais l’expatriation m’a permis de s’épanouir dans un domaine que j’adore et de se mélanger avec d’autres cultures d’une destination à l’autre. C’est ça la beauté de l’expatriation, chaque nouveau chapitre est une nouvelle découverte. Les relations professionnelles et l’utilisation de la technologie moderne vous permettent d’avancer plus efficacement dans votre métier. Mon passage au Maldives, m’a forcément poussé à mieux comprendre l’écosystème marin et surtout l’application des mesures disciplinaires dans le Resort pour protéger l’environnement.


Quel est le mot ou la phrase mauricienne qui vous fait garder le moral ?
Manze Ar Li !…   Il faut persévérer et ne j’aimais se décourager.

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