Talents Mauriciens / No12. Ram Bhoyroo, General Manager at Cocoon Maldives
Talents Mauriciens

Talents Mauriciens / No12. Ram Bhoyroo, General Manager at Cocoon Maldives 

Talents mauriciens ! Une série originale d’« Île Maurice Tourisme », consacrée aux Mauriciens qui se sont expatriés avec succès dans le domaine du tourisme à travers le monde. Entre fierté et sacrifices, espoirs et réussites, une plongée inspirante dans la vie de ceux et celles qui font briller l’île Maurice à l’étranger. Aujourd’hui nous donnons la parole à Ram Bhoyroo, General Manager at Cocoon Maldives, dont le parcours international force le respect.

1. Pourquoi avoir choisi le Tourisme ?
J’ai commencé mes études en hôtellerie au moment où l’Île Maurice connaissait son boom touristique. Je m’y intéressais vue le dynamisme de cette industrie qui offrait des possibilités d’avancement qui permettrait de gravir rapidement les échelons et d’acquérir de nouvelles responsabilités. C’est un métier passionnant qui vous met en relation avec des personnes du monde entier et les échanges sont évidemment très enrichissants sur plusieurs volets. C’est une fenêtre (voire une porte ouverte) sur le monde extérieur.

2. En quoi consiste votre métier ?
Mon métier consiste à gérer, administrer et diriger un (ou plusieurs) établissement hôtelier sous tous ses aspects : Les ressources économiques, le personnel et les prestations offertes. Donc, je mets en place une équipe professionnelle experte en différents corps de métiers que je mène pour atteindre les objectifs économiques tout en garantissant un excellent niveau de service pour les clients. Je crée et je maintiens un climat social propice et un environnement favorable à l’épanouissement des collaborateurs. Responsable de la gestion opérationnelle et managériale, le Directeur General positionne son établissement de manière à avoir du succès sur un marché très compétitif.

3. Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai obtenu mes CAP (certificats d’Aptitude Professionnelle) à l’École Hôtelière Nationale et j’ai poursuivi mes études en hôtel Management en Angleterre. J’ai suivi plusieurs autres formations, notamment en Pédagogie pour adultes, Finances, Quality Management, Time Management, Managing in multi- national Environnent, Strategic Marketing etc.

4. Quel a été votre parcours professionnel ?

Qu’il est long et enrichissant, ce parcours JJP ! Essentiellement, j’ai démarré ma carrière en Angleterre et tant que Hotel Trainee Manager. Au bout de 3 années j’assumais le rôle de Chef de Réception à La Pirogue (géré à l’époque par Landmark International). Je quitte l’hôtellerie active pour prendre le poste de formateur à l’École Hôtelière Nationale et au bout de 4 belles années d’enseignement, je prends un poste de responsabilités en F&B chez Beachcomber et ensuite chez Accor, au PLM Azur, Pullman et Sofitel Imperial Flic en Flac.

À chaque fois que je mentionne Sofitel Imperial, je ne peux, ne pas saluer un grand monsieur de la profession, mon DG à cette époque. Michel André Potier. Merci Michel. Je pars ensuite diriger le Sofitel Tozeur en Tunisie, à la porte du Désert Sahara (quelle expérience dans cette destination spécialisée en MICE) ! Ensuite direction Le Maroc pour diriger un hôtel Thalassothérapie, le Sofitel Thalassa Mogador suivi de l’ouverture et la direction du Sofitel Saphir Palace en Tunisie. Au bout de ces 9 bonnes années chez Accor Maghreb, je prends la direction de l’Indian Resort du Groupe Apavou à Maurice. Je repars ensuite découvrir d’autres parties du monde et diriger le Gold Zanzibar Beach House and Spa (Tanzanie) et finalement je fais l’ouverture du Cocoon Maldives, un Luxury Resort aux Maldives en 2016. J’y suis toujours en poste en tant que Directeur Général. (1)

5. Quels conseils donneriez-vous quelqu’un qui voudrait embrasser une carrière de votre spécialité ?
Si la personne est passionnée par ce métier et il a le sens de l’accueil et de l’hospitalité, il est un leader (leaders are born, not made, dit-on) et il a de la rigueur et un bonne sens d’organisation et porte attention aux détails et il a la maîtrise d’une langue étrangère il pourra alors s’acquérir les compétences en management et foncer. Il ne faut pas se tromper. C’est un métier très exigeant qui consomme l’essentiel de votre temps. Il faut l’aimer pour le faire. Néanmoins, fort intéressant à plus d’un titre, enrichissant et rémunérateur.

6. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre métier ?
Les difficultés sont différentes et propres à l’établissement at au pays. Je pense que les difficultés qui affecteraient plus d’un sont le recrutement et la rétention du personnel talentueux et bien évidemment la résistance face à la crise, le coup d’arrêt économique provoque par le Covid-19. Il y a obligatoirement des défis à relever de temps à autre tels que, revoir son positionnement et stratégie dans un contexte concurrentiel, s’adapter au changement de comportement du consommateur, faire face aux défis de l’intégration du développement durable etc.

7. Pourquoi avoir choisi de vous expatrier ?
« Quand l’opportunité tant attendue se présente, il faut la saisir ». Dans mon cas, c’était une suite naturelle dans ma carrière, de Resident Manager au poste de Directeur Général. L’opportunité s’étant présentée à l’extérieur, je l’ai saisie, avec beaucoup d’enthousiasme. Je voulais acquérir une expérience internationale du métier, de découvrir de nouveaux horizons, de côtoyer des gens de différentes cultures, de donner et d’acquérir.
On forme et on fait grandir des collaborateurs partout où l’on va. On met son expérience et son expertise au profit de l’établissement que l’on dirige, de la région et du Tourisme local dans son ensemble. On découvre et on s’enrichit professionnellement en même temps. N’oublions pas qu’un Mauricien a l’étranger dans ce contexte représente son pays comme un ambassadeur et doit faire honneur à son pays par son savoir-faire et son exemplarité.

8. Est-il facile de vivre et de travailler à l’étranger ? Comment s’est passée votre adaptation à un nouvel environnement culturel et au style comportemental de pays d’accueil ?

Je n’ai eu aucune difficulté à m’intégrer et à m’adapter dans mes pays d’accueil, que ça soit, l’Europe, La Tunisie, Le Maroc, Le Zanzibar ou encore les Maldives. Il faut respecter les cultures et les religions, les règles et s’ouvrir aux autres. Comprendre et accepter les différences culturelles est déjà un pas vers l’intégration. Respecter les pratiques locales. Généralement et surtout dans ce métier, on est bien installé et a beaucoup de facilités, ce qui facilite aussi l’adaptation. Il faut s’adapter à un autre mode de Management, a de nouveaux collaborateurs et a des habitudes et pratiques encore inconnues. Il faut profiter de ce changement pour nourrir son expérience professionnelle. Je garde d’excellents souvenirs des pays dans lesquels j’ai vécu et travaillé. Je suis resté en contact avec de nombreux collaborateurs de ces pays, devenus amis.

9. Quel est le sacrifice le plus important que vous avez dû faire pour vivre votre métier à l’étranger ?

M’éloigner de mes proches et de mes amis bien sûr et ne pas pouvoir jouer les matchs de foot avec me frères et les amis les samedis soir… Et perdre mon titre de meilleur buteur (Rires).

10. Pourquoi le savoir – faire mauricien s’exporte aussi bien ?

Le multilinguisme des Mauriciens est un avantage définitivement significatif. Ajouté à cela, il y a son sens aigu d’hospitalité qui est naturel, Sa capacité d’adaptation, sa gentillesse et son sens d’accueil font de lui l’employé type recherché les hôteliers étrangers. Le Mauricien en général est accueillant, gentil, respectueux. Le niveau de l’éducation à Maurice y contribue largement. La formation professionnelle dispensée par les institutions est de très bon niveau. La qualité et le niveau de service dans nos hôtels sont mondialement reconnus. Nos hôtels sont des Universités de Service.

11. Reviendrez -vous partager votre expérience au pays ?

C’est un souhait. Si j’ai l’opportunité, je reviendrai avec plaisir participer et apporter ma contribution au progrès et de l’entreprise mauricienne. Cela me permettrait aussi de vivre dans mon pays natal près de mes proches.

12. Quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ?

J’ai toujours ressenti une grande satisfaction personnelle et professionnelle lorsque je quitte un établissement au bout de quelques années avec la reconnaissance que ma mission a été une grande réussite. Au Maroc et en Tunisie, j’ai même eu droit à la reconnaissance des autorités. D’autre part, avoir fait grandir plusieurs cadres locaux qui occupent par la suite des postes de responsabilités dans ces pays est aussi une belle satisfaction professionnelle. Grande satisfaction professionnelle d’avoir remporté plusieurs trophées pour mes hôtels.

13. Quel regard portez-vous sur l’industrie touristique mauricienne ?

L’Île Maurice est reconnue comme une des meilleures destinations touristiques au monde. Tel un joyau de l’océan Indien, Maurice accueil principalement les touristes à la recherche d’un séjour haut de gamme sur une Île tropicale paradisiaque. Atteindre la barre de 1.3 millions de visiteurs en 2018 est une bonne performance. 2 019 a connu une baisse et aujourd’hui la destination est quasiment fermée à cause de la pandémie.

Nous avons une belle industrie touristique au pays, prête à rebondir. Je n’ai pas de doute que les professionnels travaillent assidûment en amont et se préparent pour la reprise qu’on espère proche. Il est connu que le tourisme est l’une des industries à la croissance la plus rapide au monde. Regardez, par exemple, les Maldives, qui malgré les restrictions importantes accueillent déjà en 2021, 61 % du nombre de visiteurs pour la période correspondante pré pandémique 2 019. Je suis confiant que Maurice retrouvera ses activités d’antan. Les professionnelles du privé et ceux de Gouvernement se penchent sûrement, ensemble sur cet important sujet de relance du Tourisme, une fois les frontières ouvertes, considérant les exigences du « new Normal »

14. Si vous deviez choisir un slogan pour l’Île Maurice ?

Maurice, votre créatrice de mémoire

15. Une bonne idée que l’on pourrait appliquer au monde du travail mauricien que vous avez retenu lors de votre expatriation ?
Je pense que chaque pays a sa propre façon de faire et il y a déjà beaucoup d’idées que les Mauriciens ont mis en pratique pour le bien de leurs employés.

16. Quel conseil donnerez-vous à un jeune qui est intéressé par les métiers du tourisme ?

Si vous êtes passionné par l’accueil des clients et la prestation de soins et de services, alors allez-y. Le tourisme vous conviendra. Il y a beaucoup d’opportunités. Vous pouvez également travailler dans le secteur administratif.
Quel que soit votre choix, vous devez être dévoués à votre travail et toujours faire preuve d’une attitude correcte et de respect. Travailler dans un hôtel, c’est aimer être avec des gens sans distinction de sexe, d’âge, de culture, de nationalité, qu’il s’agisse de clients ou de collègues ; il s’agit de donner le meilleur de soi. La persévérance vous fera trouver votre chemin. Il y a certains sacrifices que vous devriez être prêt à accepter, comme éventuellement être loin de votre famille et de vos amis, manquer les fêtes en ville et vous détendre tous les jours avec vos amis, manquer les fêtes en famille (Noël, Nouvel an) etc., C’est un travail exigeant mais enrichissant et récompensant. Vous pouvez étudier tout en travaillant. Vous pouvez grandir étape par étape. L’hôtellerie est en permanence à la recherche des jeunes talentueux. C’est une porte grande ouverte sur le monde. C’est une façon de voir le monde et d’être ouvert d’esprit. Si vous aimez voyager, ce métier peut vous mener aux 4 coins du monde.

17. Quel est votre but professionnel ultime ?
Je suis heureux d’être un DG en hôtellerie car je reste en contact avec les opérations et le cœur du métier. Je suis également prêt pour le prochain échelon.
18. Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’Île Maurice ?

Vivre sa culture et ses nombreuses traditions en compagnie des proches et des amis. Les succulents repas mauriciens, le Champ de Mars…

19. Auriez-vous pu atteindre votre plein potentiel si vous étiez reste à Maurice ?
Je pense que j’aurai atteint un bon niveau professionnel mais il me manquerait cet enrichissement significatif que procure le travail à l’internationale.
20. Quel est le mot ou la phrase mauricienne qui vous fait garder le moral ?
Tou korek !

(1) C’est ma première expérience aux Maldives depuis octobre 2016, période de pré-ouverture de ce Resort de 150 villas. C’est sans équivoque l’une des plus belles destinations touristiques au monde avec le concept rare d’« une île, une station balnéaire ». (One Island, One Resort concept) L’ensemble de la structure constitue un environnement de travail unique et me procure des sensations exceptionnelles, de la motivation et du plaisir à exercer mon métier. Je pense que ma carrière ne serait complète sans l’expérience des Maldives. Après une longue et réussie carrière d’hôtelier international, Cocoon Maldives est la « cerise sur le gâteau ».
L’autre expérience intéressante et enrichissante est la gestion d’une équipe composée d’une vingtaine de nationalités. Cela nécessite une excellente organisation pour faire travailler l’ensemble du personnel en harmonie, et optimiser cette richesse de diversité. L’ensemble des 300 employés résident sur place. Aussi, l’Île est auto dépendante en électricité, eau, traitement des eaux usées etc. Les approvisionnements pour les opérations se font par bateau caque semaine. Les clients arrivent par l’hydravion après un vol panoramique de 30 minutes. C’est une expérience unique et instructive.

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